Une idée de sortie pour la Journée de la femme le 8 mars ? Allez voir « Je suis top ». Blandine Métayer interprète une femme qui a su crever le plafond de verre au prix de quelques sacrifices. Brillant !

Dans Je suis top, son nouveau « seule en scène », Blandine Métayer frappe fort et juste. Sous les traits de Catherine Boissard décidé « à faire carrière », la comédienne passe en revue tous les obstacles bien connus des femmes qui tentent de s’imposer dans l’univers masculin et feutré des grandes entreprises.

Une heure pour résumer une vie professionnelle

Stéréotypes, sexisme, machisme, misogynie, discrimination, culpabilité…, Catherine Boissard nous fait vivre son parcours de la working woman combattante. Un parcours d’une heure qui commence dans la cour d’une école pour finir dans le bureau du comité de direction où Catherine vient d’être nommée. Entre les deux, la vie professionnelle de cette top manageuse résonne de petits coups bas – même entre collègues femmes -, d’allusions déplacées sur son évolution, d’inégalités de traitement face aux collègues hommes, de phrases assassines ou décourageantes de la part de ses supérieurs masculins… De quoi se durcir. « Je suis devenue intransigeante. Pire que le pire des hommes » avoue Catherine avant de se faire rattraper par sa vie personnelle.

Bâti sur des témoignages de manageuses

Loin de la caricature, ce spectacle transpire la réalité. Et pour cause : la comédienne Blandine Métayer connait bien le monde de l’entreprise. Elle y intervient en tant que coach et animatrice d’ateliers depuis plus de 15 ans à travers la société Changement de décor. Consciencieuse, la comédienne a décidé d’aller sur le terrain pour monter Je suis top. Elle a interviewé de nombreuses femmes managers et sollicité Cécile Ferro, sociologue au Laboratoire Georges Friedmann, spécialisée dans l’étude du monde du travail ainsi que Brigitte Grésy de l’Inspection générale des Affaires sociales, auteure du rapport sur l’égalité professionnelle et de l’ouvrage Petit Traité contre le sexisme ordinaire.

Un constat alarmant

« Ce qui m’a le plus frappé parmi les dizaines de témoignages que j’ai récoltés, raconte Blandine Métayer, c’est la souffrance, l’usure face aux petites humiliations quotidiennes, aux attaques sexistes banalisées et sous couvert d’humour (même au plus haut niveau), l’épuisement parfois par rapport aux efforts surhumains qu’il faut faire pour prouver que l’on est à la hauteur et que l’on mérite d’être là, la sensation que les choses bougent à la vitesse d’un escargot (notamment sur le plan de l’égalité des salaires) et le constat qu’il est toujours difficile encore aujourd’hui de concilier vie familiale et vie professionnelle satisfaisantes… ».

Prouver qu’on est à la hauteur

Si le plafond de verre et le sexisme existent bel et bien dans les entreprises, Blandine Métayer ne cache pas qu’ils sévissent aussi dans le monde du spectacle. « Il y a en moyenne toutes productions confondues, dix rôles d’hommes pour deux rôles de femmes alors que dans les cours d’art dramatique les filles sont majoritaires, indique Blandine. Et les comédiennes sont aussi en moyenne payées 20% de moins que les comédiens ». Quand au sexisme, Blandine se rappelle ses années au Petit Théâtre de Bouvard et à La Classe où elle s’est souvent entendue dire: « De toute façon tu auras beau faire, une femme comique fera toujours beaucoup moins rire qu’un homme ! » Comme a-t-elle réagi ? « J’étais très jeune alors je n’ai rien dit, j’ai serré les dents et fait comme beaucoup de femmes dans ces cas-là : j’ai travaillé encore plus dur pour prouver que j’étais à la hauteur ! »

Corinne Dillenseger,

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