Blandine MetayerLancement du premier plan interministériel en faveur de l’égalité professionnelle

Le 8 septembre 2016, Laurence Rossignol, Ministre des Familles, de l’enfance et des droits des femmes a lancé, au nom du Gouvernement, un plan d’actions et de mobilisation contre le sexisme avec un message clair : « Sexisme, pas notre genre ! ».

Pouvoirs publics, associations, entreprises et particuliers s’engagent pour rendre visible le sexisme partout où il se manifeste et se reproduit, mais également pour mettre en œuvre les solutions concrètes qui permettront d’y mettre un terme.

Le premier plan interministériel en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, dévoilé à l’occasion de la semaine de l’égalité professionnelle, s’inscrit pleinement dans cette mobilisation.

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« Dans le monde du travail, les mentalités évoluent très lentement »

Après des débuts au conservatoire, Blandine Métayer, une de nos marraines « Sexisme Pas Notre Genre », s’est lancée dans la grande aventure de la télévision dans des rôles aussi bien comiques que dramatiques. En 2010, après avoir interviewé des dizaines de femmes en entreprise, elle a conçu « Je suis Top ! », un « seule en scène » retraçant le parcours d’une femme (tant sur le plan professionnel que privé) qui a percé le plafond de verre. Après son succès sur scène, « Je suis Top ! » a été adapté sous forme de roman graphique aux Éditions Delcourt en février 2016.

Question : Pourquoi avoir choisi de mettre en scène le monde de l’entreprise, une thématique a priori éloignée de votre carrière de comédienne et d’auteure ?

BM : Après mon 1er « seule en scène » sur le célibat, la vie en solo au féminin (« Célibattante » en 2002), je cherchais un sujet fort, jamais traité. Et comme en parallèle de ma carrière, je fais effectivement depuis plus de quinze ans, via la société Changement de décor qui produit « Je suis Top ! », des interventions en entreprise (Saynètes sur mesure, coachings de dirigeants, etc…), j’ai noué pas mal de contacts avec des managers notamment des femmes. En tant qu’œil extérieur, j’ai pu observer beaucoup de choses et en 2010 j’ai eu comme un éclair ! J’ai écrit en un week-end l’histoire et la structure de la pièce… Puis j’ai commencé à interviewer une dizaine de femmes qui m’ont présenté tour à tour leurs amies. Au total j’ai rencontré et interviewé une quarantaine de femmes (stagiaires, assistantes, managers, Top managers, DG), de tous les secteurs, et tous les âges (de 25 à 60 ans) et quelques hommes « éclairés » ! J’ai également travaillé avec la sociologue Cécile FERRO (Laboratoire George Friedmann) et j’ai eu pas mal d’échanges avec Brigitte GRESY.

Question : Vous jouez « Je suis top » depuis 6 ans : qu’est ce qui, d’après vous, a changé depuis pour les femmes dans le monde du travail ?

BM : Il y a eu des avancées notables, de nouvelles dispositions et notamment la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les Femmes et les Hommes… Un bon nombre d’Entreprises se sont engagées à faire bouger les lignes, ont développé des programmes pour les femmes, mis en place beaucoup de choses pour réduire les inégalités mais malheureusement je constate que les mentalités, elles, évoluent très lentement quand elles ne régressent pas dans certains cas !… Ce qui gangrène et freine considérablement le processus… Aussi la pièce est toujours d’actualité, je dirais presque parfois plus qu’il y a 6 ans ! Ce qui est un comble !

Question : Quelles sont les réactions des salarié.e.s d’entreprises devant qui vous jouez la pièce ? Recueillez-vous parfois des confidences ? Avez-vous eu vent de changements opérés dans l’entreprise après votre passage ?

BM : Que ce soit quand je joue la pièce au théâtre grand public ou en gala privé en Entreprise les réactions sont à peu près les mêmes mais diffèrent selon que ce sont des réactions de femmes ou d’hommes !

Les femmes sont heureuses de voir représenté (et reconnu d’une certaine façon) sur scène ce qu’elles vivent bien souvent au quotidien, elles ne se sentent plus isolées face à ce problème de sexisme au travail et d’inégalités de traitement … Un grand nombre vient me voir après le spectacle et me raconte leur expérience (douloureuse parfois) et leur anecdote… J’ai ainsi inséré dans la pièce au fil des ans des aspects qui n’y étaient pas encore traités…

Les hommes dans leur grande majorité découvrent l’ampleur du problème ! Car la plupart du temps ils pensaient que tout était réglé ! Beaucoup sortent émus, certains hommes m’ont dit « C’est pas si facile une vie de femme »… Je n’ai pas voulu que mon personnage soit caricatural en effleurant le sujet. J’ai eu envie de profondeur et de montrer les freins et les embûches. Et s’il y a bien évidemment de l’humour dans le spectacle il y a aussi beaucoup d’émotions et c’est ça qui les touchent…

La pièce en Entreprise est suivie d’un « questions /réponses » avec la salle qui permet aux uns et aux autres de s’exprimer… J’ai envie qu’ils sortent en se posant des questions. Que les hommes et les femmes aient envie de se parler après… Pour faire avancer les choses. . Je pense que les artistes peuvent être des « passeurs » qui sont là aussi pour transmettre, pour susciter le débat, éveiller les consciences… Les mentalités ne pourront vraiment évoluer que par la prise de conscience et le dialogue… Alors oui pour répondre au 3e volet de la question, j’ai des retours de changements de la part des Entreprises où je suis passée… Mon passage n’a pas tout résolu d’un coup de baguette magique bien sûr, mais les initiateurs de ma venue constatent que la parole s’est libérée, que les dirigeants sont plus attentifs aux inégalités notamment en ce qui concerne les promotions, que les hommes font plus attention à leurs comportements, leurs remarques… Etc…

Question : Pourquoi avoir accepté d’être marraine du plan d’actions et de mobilisations « Sexisme pas notre genre » ?

BM : J’ai d’abord été très honorée que Madame La Ministre me le demande ! Et j’ai accepté bien évidemment avec enthousiasme ! Car cette campagne et toutes les personnes et associations qui y participent et la soutiennent vont permettre de mettre en lumière pendant 6 mois tous les problèmes encore et toujours non résolus mais aussi les initiatives formidables entreprises, le travail quelquefois de fourmi mais qui à la longue porte ses fruits… Etc… Je participerai bien sûr de toutes mes forces à cette campagne !

Question : En cette semaine de l’égalité professionnelle, quelle initiative labellisée « Sexisme pas notre genre » souhaiteriez-vous mettre en lumière ?

BM : En cette semaine de l’égalité pro je choisis de mettre en lumière l’Initiative de « Femmes et Sciences » : « Promouvoir les sciences auprès des femmes et les Femmes dans les sciences »… Je me sens totalement en accord avec les différentes actions de cette initiative… En effet il est très important entre autres d’encourager les filles à « entreprendre des métiers scientifiques et techniques au sens large. »… La lutte pour l’égalité passe aussi par la féminisation des métiers dits « masculins »… Tout comme il serait bon d’ailleurs qu’il y ait plus de garçons qui se dirigent vers des métiers dévolus habituellement aux femmes…

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